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Appels téléphoniques et études : ce qui change, et comment adapter ses dispositifs

À partir du 11 août 2026, le cadre des appels téléphoniques évolue pour les acteurs des études.
Au-delà du débat autour de l’opt-in, ce sont surtout les usages concrets qui doivent être réinterrogés : quel est l’objet réel de l’appel ? À quel type d’étude s’applique-t-il ? Quelles formulations sont acceptables ? Quels dispositifs demandent une vigilance renforcée ? 

Chez MOAÏ, nous avons travaillé ces évolutions en interne afin de clarifier notre lecture du cadre, mais aussi notre manière de l’appliquer selon les situations. L’enjeu est simple : aider nos clients à lancer leurs études dans un cadre clair, lisible et sécurisé. 

Pour en parler concrètement, nous avons échangé avec Clément MARTIN, Directeur de Production chez MOAÏ. 

 

Qu’est-ce qui change concrètement à partir du 11 août 2026 ? 

Clément : À partir du 11 août 2026, la vigilance doit porter encore plus fortement sur la finalité réelle de l’appel. Une enquête téléphonique reste une enquête si elle vise réellement à recueillir un avis, mesurer une satisfaction ou comprendre une expérience. En revanche, dès qu’un appel peut être perçu comme un moyen de promouvoir un produit, un service ou l’image d’une organisation, le niveau de sensibilité augmente fortement. 

En pratique, cela veut dire qu’il faut regarder non seulement le sujet de l’étude, mais aussi : 

  • la manière dont le contact est présenté ; 
  • les mots utilisés dans l’introduction ; 
  • le contenu des questions ; 
  • et la présence éventuelle de rebonds qui pourraient donner une tonalité commerciale. 

 

Comment distinguer une enquête d’un appel commercial ? 

Clément : La frontière se joue rarement sur un seul mot. Elle se joue surtout sur l’ensemble du dispositif. 

Un appel est généralement plus sûr lorsqu’il : 

  • s’inscrit dans une relation existante ; 
  • a une finalité claire d’écoute ou d’évaluation ; 
  • ne propose pas de produit, service ou avantage ; 
  • et ne conduit pas à un rebond commercial. 

À l’inverse, le niveau de vigilance monte lorsque : 

  • l’étude concerne des prospects ; 
  • le questionnaire porte sur une offre, un concept ou une image de marque ; 
  • ou l’appel peut être compris comme un levier de promotion indirecte. 

 

Quels types d’études sont plus ou moins sensibles ? 

Clément : Pour rendre la lecture plus simple, nous proposons une grille opérationnelle par niveau de sensibilité. 

Quelles précautions appliquer selon le type d’étude ? 

Clément : À partir du 11 août 2026, les précautions à appliquer ne changent pas de nature, mais elles doivent être appréhendées avec encore plus de rigueur dès qu’un appel peut être perçu comme s’éloignant du simple recueil d’un avis. Chez MOAÏ, nous adaptons donc le niveau de vigilance au type d’étude et à sa finalité réelle. 

 

Le principe reste simple : plus l’étude s’éloigne du recueil d’expérience ou de satisfaction, plus le dispositif doit être cadré en amont. 

 

Pour une enquête de satisfaction
L’essentiel est de conserver un questionnaire clair et centré sur l’expérience vécue. L’enjeu de l’appel doit être annoncé dès le départ et rester dans une logique d’écoute et d’amélioration, sans ouverture vers une démarche commerciale. 

 

Pour une étude d’image
Le point clé est la perception de l’appel. Il faut veiller à ce que le contact soit compris comme une étude d’opinion, et non comme un message qui valorise le commanditaire ou qui cherche à orienter la perception du répondant. 

 

Pour un test de concept ou d’offre
La formulation des questions doit être particulièrement soignée. L’objectif est d’éviter toute tournure qui puisse donner l’impression de présenter un produit ou un service de manière trop incitative ou commerciale. 

 

Pour une étude auprès de prospects
C’est le cas qui demande le plus de vigilance. Nous regardons de près l’origine de la base, la finalité réelle du contact, le discours d’introduction et la cohérence de l’ensemble du dispositif avant lancement. 

 

Pour un recrutement qualitatif
Le contact doit être présenté simplement comme une prise de contact destinée à vérifier l’éligibilité à une étude. Il ne doit pas être confondu avec une démarche commerciale ni laisser penser qu’un produit ou un service est proposé. 

 

Pour les études BtoB
Le cadre est différent, mais la vigilance reste nécessaire. Nous veillons à la clarté du message, à la compréhension de l’objet de l’appel et à l’adéquation entre le discours et la relation professionnelle existante. 

 

Quels contrôles MOAÏ réalise-t-il avant le lancement d’un terrain ? 

Clément : Avant chaque terrain, nous travaillons avec une grille pour vérifier plusieurs points afin de sécuriser le dispositif : 

  • le type d’étude et sa finalité réelle ; 
  • le profil des personnes appelées ; 
  • la cohérence entre le questionnaire et l’objectif annoncé ; 
  • les points de vigilance éventuels liés au ton ou aux formulations ; 
  • et, lorsque nécessaire, le niveau de précaution à adopter avant lancement. 

L’idée n’est pas de compliquer les projets, mais d’anticiper les zones de fragilité pour éviter les ambiguïtés une fois le terrain lancé. 

Quelles formulations privilégier, ou éviter ?

Clément : Les formulations les plus sûres sont celles qui :

  • décrivent clairement l’objet de l’appel ;
  • restent neutres ;
  • n’annoncent pas d’avantage commercial ;
  • et ne créent pas d’attente de suite commerciale.

À l’inverse, il faut éviter les formulations qui :

  • mettent en avant une offre ;
  • suggèrent un bénéfice à venir ;
  • orientent trop fortement la réponse ;
  • ou laissent entendre que l’appel sert aussi à promouvoir un produit ou une marque.

Quelques exemples simples :

  • À privilégier : « Nous réalisons une étude de satisfaction pour mieux comprendre votre expérience. »
  • À éviter : « Nous vous appelons pour vous faire découvrir nos solutions et recueillir votre avis. »
  • À privilégier : « Cet appel est destiné à recueillir votre retour dans le cadre d’une étude. »
  • À éviter : « Cet appel va nous permettre d’améliorer nos services et de vous présenter nos nouveautés. »

 

Quel message retenir pour les acteurs des études ?

Clément : La réforme ne remet pas en cause les études téléphoniques. Elle demande surtout davantage de clarté, de cohérence et d’anticipation dans la manière de les concevoir.

Chez MOAÏ, notre rôle est d’aider nos clients à choisir le bon niveau de prudence selon le type d’étude, la cible et la finalité du contact. C’est ce travail de cadrage en amont qui permet de lancer les terrains dans de bonnes conditions.

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